BOATCH : TOULOUSE-BORDEAUX EN BATEAU GONFLABLE

  L'ennui de 2020 m'a permis de me souvenir que dormait, sur l'un de mes disques durs, les images d'une étonnantes aventure… celle de trois Toulousains et de leur projet téméraire : rejoindre Bordeaux par la Garonne.
  Née d'un solide apéritif pris sur les bords du fleuve, l'idée s'est concrétisée par l'achat d'un bateau gonflable type Caravelle K85, d'une capacité de 250kg. Pile ce qu'il faut pour porter vers l'aventure un peu de matériel et les trois hardis jeunes hommes de 232 kilos cumulés ; le 7 avril 2014, l'équipage du Bob Dyla était bon pour embarquer.
  Suivirent cinq jours intenses et froids, passés entre maquis, méandres et dangers et passant par les villes exotiques de Montech, Agen et même Langon… où l'aventure se conclut en un tragique naufrage.

L'échec est le fondement de la réussite.

  Même sans bien comprendre où ce philosophe veut en venir, je préfère cette citation à celle de Frédéric Dard, qui dit que L'échec, c'est la réussite du con. C'est plus clair, plus vrai, mais un peu dur. En tout cas cette épopée d'eau douce méritait davantage qu'une page Facebook et un article dans un journal local. Il fallait plus et, avec la vidéo ci-dessus, voilà ce plus : le trailer d'un film épique, lui même témoin d'une aventure unique… Bon voyage, moussaillons !

  N.B : Si le teaser atteint les 10 000 vues, il est possible que les BoAtchs se rendent à Langon et reprennent les rames pour terminer l'aventure. Pour des raisons sentimentales, le même modèle de bateau sera choisi, et ce même si depuis 2014 les marins ont pris près de 40 kilos cumulés.

Teaser et projet de reprise partagés par la vénérable Dépêche du Midi !

- VERS UNE SIXIÈME REPUBLIQUE, JURANDE ET ÉCOLOGIQUE -

Temps de lecture : 12 minutes (temps d'écriture : 10 minutes)

  Notre régime semi-présidentiel n'est-il qu'une demi-démocratie, et nous conduit-il vers une catastrophe collective ?
  Deux questions en une pour une unique réponse : oui. Un oui que nous détaillerons dans cet article au terme duquel, pour dépasser l'alarmisme et la simple critique, nous proposerons une solution pratique. Pour la lire il suffit de rejoindre la partie VI mais, si votre temps vous le permet et que l'envie vous y invite, nous commencerons par l'analyse de la révélatrice réponse présidentielle qui fut apportée aux revendications exprimées, avec plus ou moins de calme, par les Gilets jaunes.

1) Amorce de débat entre des représentants de l'exécutif et un groupe de citoyens

  En parallèle d'un maintien musclé de l'ordre notre monarque républicain organisa, comme Louis XVI en 1789, la récolte de cahiers de doléances qui ne résumèrent pas moins de 10 000 réunions citoyennes et plus de 2 millions de contributions en lignes.

"...au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple
qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre"
Emmanuel Macron

  En bras de chemise pour nous signaler son implication, le président a même participé à quelques réunions, en attendant que les dits cahiers ne lui soient remontés… pour être directement descendus aux archives. Rien n'est consultable et la conclusion de cet exercice dit démocratique fut donc celle du seul président de la République : remise aux calendes de la comptabilisation du vote blanc, du R.I.C, et du rétablissement de l'ISF. Ce retoquage des revendications principales des Gilets jaunes, pourtant plébiscitées par la plèbe, révèle une première raison à notre oui : sous la Cinquième République il semble que les citoyens ne décident pas à travers leurs représentants, mais qu'ils élisent des gens qui décident pour eux. Et que si entre deux élections le peuple peut dire, rien n'oblige l'exécutif à l'écoute. Une demi-démocratie de fait qui permit au président d'échapper à une contestation majeure de nos institutions et de sa politique avec quelques promesses mineures et symboliques.
  Un an plus tard, l'un des engagements de l'exécutif fut tenu : une seconde consultation, baptisée Convention citoyenne pour le climat par un service com' au bord de la transe créative, réunit pour plusieurs mois 150 personnes représentatives de la population française, et tirées au sort. Le sujet qui leur a été donné à penser ne semble par contre pas avoir été choisi au hasard : le mouvement populaire des Gilets jaunes étant né de la contestation d'une hausse des prix du carburant, des citoyens lambdas avaient toutes les chances de confirmer que la priorité du peuple n'était pas l'écologie, et d'offrir en passant à notre gouvernement une caution populaire à sa frilosité législative sur le sujet. Ce ne fut pas le cas, et c'est justement ce petit revers politique qui va nous inspirer une solution pour échapper à la catastrophe collective, sur l'éventualité de laquelle nous allons d'abord nous pencher.

2) À gauche, la planète bleue. À droite, une poubelle bleue.
L'intégrité de l'une dépend en partie de la bonne utilisation de l'autre.

I / Etat des lieux commun

  L'humanité est passée en 10 000 ans de moins de 10 millions à plus de 7 milliards de représentants, et d'une répartition en groupes isolés à d'immenses nations interconnectées. Le développement de l'agriculture, de l'élevage et du réseau routier qui accompagna cette évolution changea radicalement les paysages et fait encore reculer, aujourd'hui, ce qu'il nous reste de nature indomptée.
  Ainsi notre espèce, autrefois éparse, s'est déconnectée du sauvage tout en se connectant avec elle-même. Mais les conséquences de nos contacts avec la nature en furent paradoxalement amplifiés, et c'est la première grande menace écologique à laquelle notre croissance nous expose : alors qu'elles avaient un impact limité du temps des petits groupes de chasseurs-cueilleurs, les pathologies d'origine animale se sont transformées du fait de notre ultra-connexion en pandémies mortelles… peste par les marmottes, sida par le singe et, aujourd'hui, coronavirus par le pangolin ou la chauve-souris.

3) Quatuor d'innocents coupables

  La situation est donc paradoxale mais claire : comme les premières agglomérations humaines, notre village global reste cerné par le sauvage. Et rappelons-nous en passant que notre utilisation des énergies fossiles engendre une pollution qui nous met face à une seconde menace : un processus de réchauffement climatique promettant d'être la cause, dans un avenir de moins en moins éloigné, de catastrophes diluviennes et autres plaies mosaïques assurées. Notre influence sur la nature n'est pas son contrôle, et ce constat nous suggère que si nos sociétés veulent continuer à se développer sans se détruire, il nous faut aller vers un changement de modèle ou, à tout le moins, un contrôle de nos excès actuels.
  Bien renseignés sur la situation et bien que de tous bords politiques et de toute condition sociale, les 150 citoyennes et citoyens de la Convention ont, après seulement 9 mois de consultation d'experts et de débats, accouché de 149 propositions allant toutes dans le sens de l'écologie politique. En voici quelques unes :

- PROJET ÉGYPTIEN -



  La vidéo ci-dessus présente un documentaire de 52 minutes sur lequel j'ai commencé à travailler lors d'un voyage en Égypte, en novembre 2019, avec un cameraman et une journaliste.
  Le tournage doit se poursuivre en France et en Israël, une fois qu'une boîte de production aura financé le projet. Quel est le sujet ?
Il ne reste aujourd'hui qu'une demi-douzaine de Juifs en Égypte, alors qu'ils étaient plus de 80 000 en 1947. Cette quasi-disparition est la conséquence de la montée du nationalisme arabe et du retour, après 2000 ans d'absence, d'une puissance politique juive dans la région.
Le documentaire mettra en lumière l'exode moderne des Juifs d’Égypte, tout en suivant le combat mémoriel de ceux qui sont restés et des exilés qui, de France ou d'Israël, y contribuent ou le complètent. Nous partirons à la rencontre de Magda Haroun (avocate et présidente de Goutte de Lait, association basée au Caire), d'Albert Arié et de son fils Sami Ibrahim (membres de Goutte de Lait), ou encore d'André Cohen et Yves Fedida (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel des Juifs d’Égypte – ASPCJE, basée à Paris).
  Aussi, partant du particulier pour atteindre l'universel, le film traitera de l'exode des Juifs de l'ensemble des pays arabes (800 000 exilés) ; pour souligner l'universalité de la souffrance de l'exil, des palestiniens ayant dû fuir la guerre israélo-arabe de 1948 seront également interrogés.
  L'histoire sera relatée objectivement, et aucun fait ne sera éludé. Tout en laissant la parole à ceux qui ont tout perdu, sans édulcorer leurs discours, le film mettra en avant les acteurs sociaux qui tentent de rapprocher les communautés par la culture.

- LA POSTE CONTINUE DE COLLABORER AVEC LES NAZIS -

  Et en voici la preuve avec un timbre d'époque, représentant le profil gauche d’Hitler - qui n'est pourtant pas son meilleur. Dûment oblitéré par les services postaux, il nous fait nous demander si l'entreprise au logo jaune et bleu s'est bien affranchie de son passé collabo...


Les dates ont été masquées pour qu'aucun employé ne soit accusé de négligence.

  Pourquoi avoir fait ça ? D'abord, parce que c'est drôle.
  Si.
  Mais aussi pour rappeler qu'entre 1940 et 1944 l’État français a activement collaboré avec les nazis, offrant à l'Histoire l'amer souvenir des rafles de Juifs et des enfermements de tziganes, de républicains espagnols ou de résistants. Vichy a délégué la réalisation de ses basses œuvres aux services publics et la SNCF, par exemple, se chargeait de l'organisation des départs de convois de déportés vers Auschwitz. Mais une collaboration moins connue est celle des PTT d'alors, notre Poste d'aujourd'hui, dont la direction épurée de ses Juifs et francs-maçons ordonnait d'intercepter,  pour le compte de Vichy mais aussi des nazis, les communications écrites ou téléphoniques. Ce qui fut fait, même si nombre de fonctionnaires sont entrés en résistance.
Alors, à la lumière des heures sombres de l'histoire et à l'heure du retour des extrêmes – bruns, verts, ou blonds platine avec une mise en plis absurde - il peut paraître intéressant de se demander si notre secteur public a retenu les leçons du passé.
  Aux dernières nouvelles, tous les Juifs se rendant en train en Allemagne le font de leur plein gré. La milice et Darnant ont été dissous, et Jacques Chirac a présenté les excuses de l'exécutif en 1995. Guillaume Pépy, du bout des lèvres et un peu contraint, a présenté celles de la SNCF en 2011(Mais peut-être trouvait-il impoli que les associations juives n'aient pas relevé que ces trains-là étaient parfaitement à l'heure...). Les excuses de la Poste se faisant toujours attendre en 2020, nous en profitons pour suggérer qu'une déclaration ne ferait de mal à personne ; ni à la direction, ni aux victimes encore vivantes de cette collaboration.
  Alors oui, bien entendu, la Poste d'aujourd'hui est très loin des agissements des PTT d'alors, et l’aberrante oblitération de ce timbre n'est qu'une erreur ; vos réclamations ne seront donc pas mieux reçues si vous vous rendez à votre bureau de quartier en Panzer. Mais cette affaire du timbre nazi souligne un autre problème : s'il est passé comme une lettre à la poste, c'est que ça n'est passé entre les mains de personne... car même dans le domaine public l'automatisation, la sous-traitance, l'ouverture à la concurrence et la réduction des personnels sont en vogue. Et pour le coup, au lieu de nous adapter au présent pour préparer l'avenir, comme le disent les libéraux, cette politique a ouvert une fenêtre sur un passé vieux de 75 ans. Avec un timbre crétin, pour la blague. Pour l'instant. Mais si le totalitarisme revient au goût du jour ? Comme en Chine, ce sera à la mode de la dématérialisation et des algorithmes froids, qui exécutent les commandes sans retard et sans pauses, mais aussi sans se poser de questions.
Ce jour là certes, les colis arriveront plus rapidement qu'avec Monique et André, nos bons vieux fonctionnaires traditionnels. Mais s'il n'y a plus que des robots sans conscience et sans principes... qui sera là pour résister ?

Article également paru sur le site JewPop !

- MAURICE TEBOUL : SOLDAT DE LA 2ème DB -



  Ce documentaire retrace le parcours d'un tankiste qui, parti d'Afrique du Nord, a terminé la guerre par la prise du Berghof, repère alpin d’Hitler..
Nonagénaire qui porte beau et s'apprête à célébrer ses 92 ans par un saut en parachute, le vétéran est interrogé sur ses faits de guerre... et sur ce qui l’a amené à se battre. Car c’est un aspect frappant de son parcours : Maurice s’est complètement fait entraîner par l’Histoire, et n'y a pas vraiment choisi sa place.
Était-ce rare ? Bien sûr que non et le titre du film, référence aux "Très Riches Heures de l’humanité" de Zweig, est là pour le souligner. Mais l'Histoire détermine-t-elle notre destin à tous, grands comme anonymes ? Je laisse le soin à chacun de se faire son opinion, mais constate que la marge de manœuvre est limitée, et que pour peu que la place que le sort nous fasse nous convienne à peu près, on s’y installe sans trop de contestation.
De cette constatation vient le sous-titre du film, clin d’œil à Arendt. Car le mal ou le bien sont presque toujours servis par des gens normaux, «banals», que les circonstances entraînent.
Voici donc l'histoire d'un héros de 39-45 jusqu'ici anonyme, d'un personnage finalement pas si banal dont l'histoire vous captivera certainement et qui, je l’espère, aidera votre réflexion sur la place que nous fait l’histoire... et sur le côté où notre propre banalité pourra s’épanouir.

Film également partagé par le site JewPop !

- 2013 : PROJET PARALLÈLE -



  Voici un projet participatif sur lequel je travaille depuis la fin du mois de mai, et dont le fignolage et la publicité me demandent du temps : The Meanwhile Project. Le concept est simple : un site internet participatif regroupant les meilleures vidéos sur un maximum d’endroits dans le monde, pour aider les curieux à se faire une idée et les motivés à partager ce à quoi ressemble leurs villes. Tous les renseignements se trouvent sur le site, et vous avez juste au dessus une vidéo de Longyearbyen, pour vous faire une idée du concept. Pas besoin de vous préciser que je vous invite à y jeter un coup d’œil et à envoyer vos vidéos !

EDIT 2017 : Échec partiel mais échec tout de même. Après avoir eu quelques participants, le manque de moyens pour faire de la publicité et peut-être aussi, mes compétences limitées en webdesign ont fait capoter le projet.

EDIT mars 2020 : Le confinement imposé à la plupart des habitants de la planète me fait repenser le projet, et je modifie le nom de la page facebook en "Unconfined World" pour accompagner les dépressifs en manque de foule anonyme. Bonne idée non ?

EDIT avril 2020 : Nouvel échec.

- TOUR 2011 : BUDAPEST -



  Deux ans pour me mettre à réaliser le film de Ljubljana, mais seulement trois mois pour celui-ci !
Rien ne s’est vraiment passé comme prévu en Hongrie. Je voulais, après mon passage à Ljubljana, rencontrer l’excellent Istvan Kantor et faire un film sur les révolutions. Je me suis rendu compte, une fois sur place, qu’il habitait depuis plusieurs décennies au Canada.
Il fallut donc s’en remettre au hasard et la rencontre fortuite avec un seigneur de la musique rrom, Antal Kovacs, m’a poussé à réaliser un film sur les tziganes.

  Voilà donc un reportage qui, en donnant la parole à des personnes faisant partie de minorités dans un pays au gouvernement à tendance totalitaire, s’attaque à l’unité sous sa forme nationaliste, pire ennemie de l'universalisme.
En passant, certaines erreurs ont pu se glisser dans le montage, ainsi que quelques fautes d’orthographe dans les sous-titres, mais c’est parce que partant demain matin en stop pour des petites vacances à Novi Pazar et au Kosovo, tout à été fini dans le rush (il est trois heures du matin au moment où j’écris ces lignes) !